Focus – Suite à la crise covid-19, la livraison par véhicules autonomes et par drones prend son envol en Chine et aux Etats-Unis

220
Imprimer

Les véhicules autonomes ont gagné en légitimité suite à la crise : d’une part car ils permettent d’assurer la continuité d’un service de livraison dont la demande a explosé, sans devoir embaucher des livreurs supplémentaire, et d’autre part car ils sont désormais considérés comme des alternatives plus sûres pour éviter les risques de transmission et éviter d’exposer les livreurs.

En Chine, le géant e-commerce JD a fait parler de lui au plus fort de la crise en utilisant un véhicule de livraison autonome pour livrer les hôpitaux en équipements médicaux.  Dans une telle situation d’urgence, avec peu de trafic sur les routes, la solution a été accueillie positivement, alors qu’elle n’était acceptée ni le grand public ni par la loi avant la crise. 

Le robot utilisé par JD est développé par la startup chinoise Pudu Technology, qui vient de boucler un tour de table de plus de 15 millions d’euros, mené intégralement par l’autre géant chinois Meituan-Dianping, leader des services à la demande. Cet investissement va permettre à la startup d’explorer des marchés à l’étranger. Les robots mis au point par Pudu Robotics sont conçus pour transporter des marchandises à une vitesse modérée.  Un seul robot pourrait livrer jusqu’à 300 repas par jour, d’après l’entreprise. La société revendique plus de 2000 clients dans une vingtaine de pays dans le secteur de l’hôtellerie, le commerce et la restauration.

Avec un trafic aérien ralenti de 90% et moins de voitures sur les routes, la livraison par drone s’est également révélée une alternative idéale et suffisamment sûre lorsque les services de ferry ont été suspendus suite à l’épidémie, pour effectuer des livraisons vers des îles isolées en Chine. Avec le soutien du gouvernement local, JD a déployé une équipe de drones pour réaliser des tests et en quelques jours, des corridors de livraison ont été mis en place.

Aux Etats-Unis, confrontés à une aggravation de la crise sanitaire, les expérimentations s’accélèrent également. Le 30 juin, la startup américaine Refraction AI a annoncé le lancement officiel d’un service de livraison par robots semi-autonomes, en partenariat avec des épiceries et des restaurants locaux. Une vingtaine de robots vont être déployés dans le Michigan. Le client passe sa commande sur internet et des employés préparent la commande, avant de la charger dans le coffre du robot. Le client reçoit les informations de livraison par SMS, dont le code qui permet d’ouvrir le comportement de stockage. La startup vient de lever 5 millions de dollars. La crise du Covid-19, et l’impossibilité pour de nombreux restaurants d’accueillir des clients, ont augmenté de 3 à 4 fois la demande des professionnels, selon la jeune pousse.  D’autres startups américaines telles que Nuro, Kiwibot ou Starship Technologies, et le robot Scout d’Amazon sont également en phase de test.

Les drones ont aussi vu leur popularité croître soudainement. Ainsi, Wing, le service de livraison par drone d’Alphabet (Google) a vu ses commandes doubler de volume pendant la crise. Le service est en phase pilote dans plusieurs villes, dont Canberra en Australie, Helsinki en Finlande ou encore Christiansburg, aux Etats-Unis. Pour ce dernier, Alphabet collabore avec FedEx et Walgreens, la deuxième chaîne de pharmacie américaine, une boulangerie et un café local. Les drones peuvent effectuer les livraisons en quelques minutes, mais sont limités dans le volume qu’ils peuvent transporter. Le groupe logistique américain UPS vient quant à lui de s’associer à la startup de drones allemande Wingcopter pour mettre en place un service de livraison de colis aux Etats-Unis et à l’étranger.

La France est également à la pointe, malgré une loi encore très restrictive.  Comme développé en janvier dans notre interview avec DPD Group, la filiale de La Poste, deux lignes commerciales sont officiellement utilisées depuis plusieurs années pour desservir des zones plus difficiles d’accès.  Cependant, début juin 2020, le drone a tout simplement disparu. Une enquête est en cours pour le retrouver.