Focus – 6 tendances retail en Afrique

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Avec toujours plus de colis à livrer, les acteurs du e-commerce se doivent de trouver des solutions efficaces et durables pour satisfaire la demande croissante et livrer plus rapidement. Ils s’appuient sur la technologie, de l’intelligence artificielle, aux robots, drones ou encore à la blockchain, pour automatiser et accélérer chaque étape de la chaîne logistique, des entrepôts jusqu’à la livraison du dernier kilomètre. La course à l’automatisation est principalement menée par les géants tech et retail américains et chinois, qui ne cessent d’innover pour améliorer l’expérience client.

1) Les téléphones portables, le média préféré des Africains

Les smartphones sont une passerelle vers Internet pour les Africains, en particulier au Nigeria, où le taux de pénétration du mobile devrait passer de 103 % en 2016 à 122 % en 2021. En janvier 2017, le Nigeria était en tête de liste des pays ayant le pourcentage le plus élevé de sites en ligne consultés sur téléphone mobile, avec 81 %, contre une moyenne mondiale de 50 %. Jumia et Konga sont deux des plus grandes sociétés de commerce électronique du continent et, au Nigeria, près des trois quarts des utilisateurs accèdent à la plate-forme Jumia via leur téléphone portable.

 

 

2) L’expérience magasin reste privilégiée, mais les sites de e-commerce sont en plein essor

Aujourd’hui encore, les Africains préfèrent encore se rendre dans des magasins physiques, auprès de marchands ambulants et sur les marchés informels pour réaliser leurs achats, qui se font principalement en espèces. Le manque relatif de sophistication dans la nature de nombreuses transactions en Afrique reflète un manque d’infrastructures, ainsi qu’une familiarité et une confiance insuffisantes avec les sources alternatives.

Les estimations quant à la valeur potentielle du commerce électronique en Afrique varient, mais il pourrait valoir jusqu’à 75 milliards de dollars par an au cours de la prochaine décennie.

Ce qui soutient la croissance du commerce électronique, c’est :

– l’accent mis par les opérateurs sur l’extension de la couverture du réseau et la fourniture de vitesses de connexion plus avancées via les services LTE

– l’accroissement de la classe moyenne et la migration vers les villes, avec pour conséquence une augmentation du revenu disponible. Cela ne fera qu’augmenter puisque le nombre de personnes vivant dans les villes d’Afrique devrait tripler d’ici 2050.

– les consommateurs veulent avoir accès à des marques de commerce qui ne sont pas toujours facilement accessibles par des voies de vente au détail informelles.

3) La médiocrité des infrastructures et la fragmentation des marchés de détail freineront la croissance du commerce électronique.

Malgré les opportunités, la crainte de la fraude, la faiblesse des infrastructures de transport et la fragmentation des marchés de détail en Afrique freineront la croissance du commerce électronique sur le continent.

Dans les pays qui investissent pour l’amélioration des infrastructures, le e-commerce pourrait croître plus rapidement.

Au Sénégal, le gouvernement s’est engagé à investir dans les infrastructures. En mars, le pays a émis plus de 10 milliards de dollars d’obligations pour financer l’infrastructure et rembourser une dette plus ancienne. Cette somme va lui permettre de poursuivre la construction d’une nouvelle ville près de l’aéroport de Diamniadio, avec des zones économiques spéciales, une zone de libre-échange, une ville technologique, des centres de recherche et un campus médical.

4)  L’essor des centres commerciaux

Un grand nombre de centres commerciaux ont été construits en Afrique, et les consommateurs s’y rendent en masse pour vivre une expérience shopping plus captivante. Pour les familles nombreuses, la visite d’un centre commercial représente une activité familiale pour le week-end.

 

 

 

5) La fierté africaine

63 % des répondants africains déclarent préférer acheter local lorsqu’ils ont le choix (How we made it in Africa, juin 2017).
La classe moyenne émergente du continent est enfin en plein essor et cherche à préserver à la fois traditions et patrimoine. Cela ne veut pas dire que ces consommateurs ambitieux n’achèteront pas de produits étrangers une fois qu’ils seront financièrement en mesure de le faire, mais les marques occidentales ne sont plus le choix de facto. Ces jeunes africains dynamiques tirent leur statut économique et culturel d’un mélange de marques  » cool  » mondiales et locales.

 

6) L’importance des médias sociaux WhatsApp et Facebook pour le service à la clientèle

En 2017, le nombre d’usagers des réseaux sociaux en Afrique a augmenté de 12 % (Hootsuite / We Are Social, Jan 2018). Deux plateformes en cause : WhatsApp et Facebook Messenger. Un mauvais service à la clientèle et des achats compliqués demeurent une réalité pour le e-commerce africain. La croissance des réseaux en ligne et des applications de messagerie crée un nouveau contexte qui est particulièrement pertinent pour les consommateurs africains.

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