Le taux de fraude sur les paiements à distance, qui s’élève en 2016 à 0,199 % contre 0,229 % en 2015, est en baisse sensible pour la cinquième année consécutive. Cela témoigne notamment des efforts entrepris par les acteurs du marché des paiements en termes de sécurisation des transactions. Ces dispositifs recouvrent notamment le recours croissant à des mécanismes avancés d’authentification du payeur pour les transactions sur internet, encore aujourd’hui très majoritairement associés à une approche dite « par les risques », approche remise pour partie en cause par les RTS, textes complétant la DSP2 qui font l’objet de fortes réserves de la part des e-commerçants. (voir ici)

Le dernier rapport publié en juillet dernier par l’OSMP (Observatoire de la Sécurité des Moyens de Paiement de la Banque de France), ex OSCP (Observatoire de la Sécurité des cartes de Paiement) dresse pour la première fois un état complet de la fraude aux moyens de paiement et confirme l’amélioration de la sécurité sur les cartes.

Ce rapport rend compte, pour la première fois, des chiffres de la fraude sur l’ensemble des moyens de paiement scripturaux. En 2016, elle s’est élevée à 800 millions d’euros pour les moyens de paiement émis en France. Compte tenu de son usage important, la carte représente la moitié de ce montant ; un tiers est attribué aux paiements par chèque, et le reste concerne les instruments de paiement SEPA (le virement et le prélèvement principalement).

Au niveau national – cartes de paiement émises en France et transactions effectuées en France – cette baisse est sensible pour chacune des trois grandes familles de transactions, dont les taux de fraude atteignent des niveaux historiquement bas en 2016 : paiement au point de vente (0,008 %), retrait (0,029 %) et paiement à distance (0,199 %), représentant un taux moyen de 0,037 %.

Attention cependant aux transactions transfrontalières ! Le taux de fraude sur les transactions transfrontalières reste près de 10 fois supérieur à celui des transactions nationales, à 0,353 % (0,372 % en 2015).

Le léger recul de la fraude sur la carte, ainsi que la stabilité observée sur celle des autres instruments de paiement, témoignent des efforts entrepris par les acteurs du marché des paiements en termes de sécurisation des transactions. Ces dispositifs recouvrent notamment la mise en place de moyens d’identification des transactions à risque et d’alerte au titulaire du compte, ainsi que le recours croissant à des mécanismes avancés d’authentification du payeur pour les transactions sur internet.

À cet égard, l’Observatoire rappelle que la généralisation des dispositifs d’authentification renforcée en Europe est inscrite parmi les axes forts de la 2ème Directive européenne sur les services de paiement, qui entrera en vigueur à partir de janvier 2018. Les RTS (Regulary Technical Standards) qui précisent notamment les modalités de mise en oeuvre de l’authentification forte, sont encore en discussion. S’ils étaient votés avant la fin de cette année, ils s’appliqueraient 18 mois plus tard, soit au plus tôt au printemps 2019.

La dernière version de ce texte fait l’objet de vives critiques de la part des acteurs du paiement et des e-commerçants (voir ici la dernière position Fevad/Mercatel sur ce point). 

 

Téléchargez le Rapport OSMP 2017 (portant sur l’année 2016) 

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