L’interview du mois : Grégoire Puy, directeur business development chez Easytransac

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Nous avons interviewé Grégoire Puy, directeur business development chez Easytransac depuis 3 ans. Il nous a parlé de la création de Easytransac, ses usages et sa vision sur le paiement en ligne et instantané.

1/ Comment Easytransac a-t-il vu le jour ? Quels services proposez-vous ?

Easytransac a initialement été créé en 2015 dans le but d’offrir une solution d’encaissement CB aux vendeurs à domiciles.

Souvent bloqués face à la carte bancaire, la nécessité d’un terminal de paiement dans leur processus de vente était devenu indispensable. Étant onéreux à l’achat ainsi qu’à la location, nous avons décidé de transformer les téléphones portables que nous avons tous, en véritables TPE.

Les vendeurs à domiciles pouvaient alors encaisser des cartes bancaires simplement depuis leur smartphone. Aucun achat de matériel, aucun abonnement, simplement une commission par transaction. Ce fonctionnement a séduit de nombreuses marques avec lesquelles nous avons passé des accords afin de fournir une solution d’encaissement CB adaptée à leurs vendeurs, et ce à moindre coût.

Nous nous sommes aperçus très rapidement que beaucoup d’autres corps de métier utilisaient notre application. Le service s’est alors développé afin de devenir un moyen d’encaissement simple, rapide et économique pour tous.

2/ Qui sont vos principaux utilisateurs et quels sont leurs usages principaux ?

Aujourd’hui, Easytransac propose un catalogue de services 360° autour de l’encaissement. Nos clients peuvent aussi bien être des indépendants, vendeurs à domicile, artisans ou sophrologues comme des fabricants de bornes de paiement, fournisseurs de logiciels ou encore des e-commerçants. 

Notre Application mobile ainsi que notre Dashboard permettent l’encaissement en boutique ou à distance avec de nombreuses options : paiement en plusieurs fois, abonnement, catalogue produits, paiement de factures, paiement par lien, QR code…

Nos modules CMS offrent une solution d’encaissement e-commerce simple et rapide à installer.

L’API permet quant à elle une personnalisation totale. Le client bénéficie d’un champ de possibilités très riches destinées à améliorer significativement l’expérience utilisateur lors du paiement, en permettant par exemple le paiement sans contact directement sur tablette ou smartphone.

Une branche de notre activité est consacrée à des projets plus techniques, avec une implémentation d’outils de paiement sur mesure au sein de technologies telles que des bornes de paiement, CRM ou encore tout type de logiciels (facturation, réservations, etc.).

3/ Quelle est votre vision sur l’évolution des moyens de paiement dans les prochaines années, et comment voyez-vous Easytransac évoluer dans cet environnement ?

La finance embarquée est de plus en plus présente dans nos modes d’achat. Des services comme Uber, Deliveroo, etc ont rendu les consommateurs beaucoup plus exigeants en termes d’expérience d’achat. Auparavant, le paiement était une étape significative dans le processus d’achat nécessitant un nombre d’actions non négligeable. Aujourd’hui, celle-ci devient presque invisible permettant de passer de la mise au panier à la validation de la commande en quelques secondes seulement.

Un exemple très simple sur lequel nous avons travaillé, le paiement de facture par carte bancaire. Cette fonction permet à n’importe quel commerçant d’envoyer une facture depuis nos services avec un lien de paiement incorporé. Ce lien permet au client du commerçant de régler par carte bancaire tout ou partie de la facture. Cette méthode permet un règlement immédiat, ainsi qu’un suivi détaillé du paiement. Une excellente manière pour le professionnel de s’assurer un bon roulement de trésorerie ainsi qu’une barrière supplémentaire face aux impayés.

La probable baisse de l’usage de la carte bancaire sous sa forme habituelle va également bousculer les habitudes d’achat pour les clients, mais aussi de ventes pour les commerçants. Celle-ci est en partie due à l’émergence de nouvelles méthodes de paiement telles qu’Apple Pay, Google Pay assurant à la fois sécurité et fluidité ainsi que de nouveaux moyens d’encaissement proposant plus d’adaptabilité.

Ces innovations technologiques doivent constamment être mises en corrélation avec les philosophies d’achat. En effet, une solution trop disruptive dans le secteur du paiement peut avoir un effet contraire à celui escompté positionnant l’acheteur dans une situation d’inconfort ou d’insécurité.

Les méthodes de paiement doivent évoluer au bon moment. Si, il y a 10 ans, on avait dit qu’on payerait grâce au mobile et à FaceID, personne n’y aurait cru !

Depuis le lancement de notre service, nous avons gardé une approche humaine. Nos bureaux à Strasbourg et Paris garantissent à notre clientèle un support technique et commercial qualitatif et réactif. Rester ouverts aux besoins spécifiques de nos clients, qu’ils soient gros ou petits, historiques ou nouveaux, nous permet d’être doublement plus agiles et précurseurs face à l’évolution du marché.

4/ Que pensez-vous du Buy Now Pay Later ? Est-ce une simple tendance ou une nouvelle manière de payer qui va se démocratiser ?

Les modes de consommation évoluent, les méthodes de paiements doivent suivre cette même tendance. Afin de s’adapter toujours plus, un service nommé « Buy Now Pay Later » a vu le jour. Cette facilité de paiement de plus en plus utilisée en France permet le règlement fractionné d’un achat avec des modalités très alléchantes pour le consommateur ainsi qu’un bénéfice lucratif pour le marchand : l’augmentation de son panier moyen.

Il existe deux grandes méthodes liées au BNPL. La première est le règlement en plusieurs fois sous forme d’échéances. La seconde est un achat du produit avec un paiement différé, ce qui veut dire que vous ne payez le produit que plusieurs jours après l’achat.

Dans les deux cas, le marchand est réglé immédiatement de la totalité de la somme moins le taux de commissionnement ponctionné par le prescripteur du service.

Nous avons connu dans le passé des organismes de crédit nous permettant de régler nos achats en plusieurs fois, c’était alors généralement au consommateur de payer les frais liés au service. Aujourd’hui cette nouvelle forme de règlement change les codes en permettant d’imputer les frais non pas au consommateur, mais au marchand. En contrepartie, celui-ci bénéficie d’une garantie de paiement ainsi qu’un règlement total et immédiat.

Il est vrai qu’une réassurance face à cette méthode a formidablement été menée par chacun des nouveaux prescripteurs de ce service. Comme tout type de produit financier, il comporte un risque souvent lié au surendettement. En revanche, une fois bien maîtrisé, il peut devenir un réel avantage dans la vie du consommateur.