L’Entretien du Mois – Thierry Petit, fondateur de Showroomprivé.com

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Thierry Petit : 

est le co-fondateur de Showroomprivé.com. Il crée sa première entreprise en 1999, Tooboo.com, comparateur de prix en ligne. Le site est par la suite revendu à Liberty Surf. Quelques années plus tard, il rencontre David Dayan – président de France Export – qui est alors spécialisé dans le déstockage. Ensemble, ils créent Showroomprive.com en 2006. Le site est aujourd’hui le deuxième acteur européen de la vente événementielle, après Vente-privee.com.

– Vous avez été membre du jury de Start Me Up, qu’avez-vous pensé des startups sélectionnées, qui a été le gagnant et pourquoi ce choix? Les Startups finalistes étaient très diversifiées et très en ligne avec l’e-commerce d’aujourd’hui. Les sujets abordés étaient l’omnicanalité, l’intelligence artificielle, Amazon, le marketing viral, qui sont des tendances fortes de notre secteur.

Le gagnant de cette édition est OneStock, c’est une plateforme qui permet d’unifier les stocks. Je n’avais pas choisi cette startup, mais elle contribue à résoudre un défi important auquel font face les commerçants en ce moment. Tout le monde veut faire de l’omnicanalité mais il y a un problème d’unification des stocks.

– Le thème de l’événement était l’intelligence artificielle. Chez Showroomprivé, utilisez-vous l’IA et dans quel contexte?

Avant toute chose, “l’intelligence artificielle” est souvent un buzzword que les entreprises utilisent pour rendre moderne ce qu’elles font déjà.

L’intelligence artificielle est en réalité ce que des chercheurs ont défini comme étant une mécanique neuronale, capable de reproduire les réseaux neuronaux. Il s’agit plutôt de deep learning et d’auto-apprentissage.

Tout le monde dit en faire mais peu de gens en font vraiment car il y a un besoin de data colossal que peu de gens possèdent ou maîtrisent. À part Facebook, Google et les autres GAFA, peu de gens utilisent donc vraiment l’intelligence artificielle.

Chez Showroomprive.com, on fait du machine learning mais on n’utilise pas vraiment d’intelligence artificielle. On fait de l’optimisation des prix, de la catégorisation des produits, de l’optimisation du service client grâce au machine learning. Par exemple, si on prend l’optimisation du service client, la machine va apprendre les questions régulièrement posées par les clients et leur donner une réponse.

– Carrefour a récemment pris une prise de participation dans Showroomprivé. Doit-on s’attendre à une synergie plus forte du commerce digital et physique, à la manière des géants chinois (par ex:  les livreurs de Ele.me vont faire les courses pour le client au supermarché, ou des magasins comme HEMA créé par Alibaba offrent une expérience en magasin mais les courses sont livrées à la maison)?

Ces dernières années, on voit des mouvements forts qui tendent à penser qu’on a passé une étape dans l’omnicanalité. Il y a clairement une convergence du digital et du physique, comme le montrent le rapprochement entre Monoprix et Sarenza, La Redoute avec les Galeries Lafayette, et Amazon avec Whole Foods (chaîne de de produits bio).

Notre partenariat avec Carrefour va se traduire par différentes synergies :

  • le sourcing : avoir des meilleures capacités d’approvisionnement et de meilleures offres
  • le système de collecte : le client sur Showroomprive.com et peut aller retirer sa commande en magasin
  • la synergie de coûts
  • la synergie d’interaction de régie: on va combiner une meilleure offre annonceurs numérique avec une meilleure force de frappe en magasin
  • l’international : Espagne, Italie et le Portugal sont des marchés sur lesquels nous réalisons nos meilleures ventes à l’étranger, et sur lesquels Carrefour est également très présent. Cela nous permettra de devenir un véritable acteur européen.
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