Focus – Comment le social commerce se manifeste-t-il en Asie ?

6480

L’Asie transforme le commerce social. Dans le monde occidental, le social commerce est B2C (business to consumer), cela signifie que les consommateurs peuvent effectuer des achats directement sur une plateforme de réseau social via un bouton d’achat. Cependant, les réseaux sociaux restent principalement un outil marketing pour les entreprises. Aux États-Unis, par exemple, moins de 20% des internautes ont déjà acheté directement sur des plateformes sociales. 

En Asie Pacifique, en plus du B2C, le social commerce fonctionne de plus en plus sur la base du C2C (consumer to consumer). Cette pratique repose sur des places de marché où les particuliers créent des ‘boutiques’ sur les plateformes sociales telles que Facebook et Instagram en publiant des images et la description des produits mis en vente. Les acheteurs potentiels peuvent naviguer sur la page de la boutique, demander la disponibilité du produit et s’arranger avec le vendeur pour le mode de paiement. Généralement, il s’agit d’un transfert bancaire, via les applications de messagerie instantanée telles que LINE ou Whatsapp.

 

La communication directe permet un échange personnalisé, développant ainsi la confiance autour de la marque ou du produit. Les vendeurs populaires acquièrent également de la reconnaissance à travers le bouche-à-oreille et les forums de shopping.

 

Le commerce social a pris une place importante dans les habitudes d’achat des consommateurs en Asie puisqu’il représente 50% du e-commerce.

carte Asie Social selling

La croissance du commerce social en Asie résulte de trois tendances fortes qui sont illustrés par trois exemples :

  • L’engagement social axé sur le contenu

L’Oréal a profité du Festival de Cannes pour augmenter ses ventes auprès des consommateurs chinois en instaurant un mini programme sur l’application de messagerie Wechat qui leur permettait de faire du shopping en live sur le thème du “See now buy now” (Acheter après avoir vu le produit).

En collaboration avec des célébrités de grande notoriété, la marque capturait leurs passages sur le tapis rouge et leurs routines beauté, permettant ainsi les fans de commenter en direct sur la page pendant qu’ils regardaient les vidéos.

L’audience pouvait également voir les produits L’Oréal utilisés sous la vidéo et procéder directement à l’achat sur l’application. Cette initiative a permis de transformer le social en un point d’achat.

 

  • Le social devient communautaire

TheAsianParent est une communauté gratuite en ligne destinée aux parents urbains et futurs parents qui vivent en Asie ou qui sont d’origine asiatique. Le site compte à son actif plus de 12 millions de lecteurs actifs. Un aspect important de leur connexion online-to-offline (du virtuel au physique) est leurs micro communautés Whatsapp qui connectent les parents vivant dans le même quartier et ayant des bébés nés au même moment.

Cet exemple démontre une volonté à dévier des réseaux sociaux généraux et préférer des communautés plus restreintes qui adressent des besoins spécifiques.

 

  • Les influenceurs créent leurs propres marques

Pony fait partie des influenceurs beauté les plus connus en Corée du Sud avec 5 millions d’abonnés sur Instagram. Après des collaborations fructueuses avec Memebox – un fabricant coréen de produits cosmétiques – Pony a également lancé sa propre marque de cosmétiques avec eux, nommée Pony Effect. Les produits tels que les fonds de teint cushion sont particulièrement appréciés malgré des prix plus élevés comparés aux autres marques de cosmétiques coréennes.

L’influence sociale de Pony a permis à sa marque de bénéficier d’une clientèle fidèle et engagée.

 

Un exemple concret de vente C2C : Instagram et Line

 

Line est une application de messagerie instantanée, lancée au Japon en 2011.
Elle est disponible dans 17 langues différentes, et est principalement utilisée au Japon, à Taïwan, en Thaïlande et en Indonésie.
Le processus d’achat sur Instagram et Line se présente ainsi :

  1. Le client découvre la boutique Instagram du vendeur
  2. Il parcourt le compte dédié à la boutique
  3. Il demande au vendeur si le produit souhaité est toujours disponible
  4. Il obtient les coordonnées de paiement au vendeur
  5. Le paiement est vérifié avec un ticket que l’acheteur envoie au vendeur
  6. La commande est ensuite expédiée avec un numéro de suivi

 

 

PARTAGER