E-commerce, pourquoi un tel acharnement?
(Avril 2008)L’achat à distance, et en particulier l’achat sur internet se développe à grande vitesse en France, et séduit de plus en plus de consommateurs. Et les cyberacheteurs sont dans l’ensemble très satisfaits, ainsi que le montrent à la fois les taux de croissance du marché et les intentions de réachat quasi-unanimes (99,6% mesuré par DirectPanel en janvier 2008).
Or la loi dite « Chatel 1 » du 3 janvier 2008 contient 5 mesures sur la vente à distance, dont le point commun est qu’elles sont très coûteuses pour les commerçants, qu’elles résolvent des problèmes qui ne sont pas essentiels pour les consommateurs, et qu’elles sont suffisamment mal écrites pour être difficiles à interpréter.
Bien sûr, ce sont en général de bonnes nouvelles pour le consommateur, puisque la loi augmente les obligations de remboursement des marchands, et interdit les numéros de téléphone surtaxés pour certains services après-vente. Mais la générosité résultant de la loi Chatel a un coût de plusieurs dizaines de millions d’euros pour les entreprises. Ce coût sera répercuté dans les prix, ce qui est surréaliste au moment où le pouvoir d’achat est la préoccupation n°1 des Français.
En effet, la santé financière des entreprises de vente à distance ne leur permet pas de diminuer leurs marges qui sont très faibles voire négatives. Aujourd’hui, nous croyons savoir que le futur projet de loi sur la modernisation de l’économie comportera de nouveaux textes sur la vente à distance et le commerce électronique.
Une rumeur fait état de l’intention du gouvernement d’obliger les commerçants à ne déclencher la facturation des clients qu’à réception des colis. Outre les immenses problèmes pratiques d’une telle idée (comment savoir que le client a été livré ?...), on imagine aisément l’aubaine pour des clients indélicats qui déclareront ne jamais avoir reçu de colis, et surtout l’effet sur tout le modèle économique des commerçants.
Alors, nous nous demandons pourquoi cet acharnement à déstabiliser le modèle économique des marchands à distance et des sites internet ? Nous avons la chance de compter de nombreux champions français du e-commerce, puisque 13 des 15 sites marchands les plus visités (source Médiamètrie) sont français.
Ces sites peinent souvent à trouver la rentabilité, et doivent financer de lourds investissements en logistique et informatique pour financer la croissance. Quelqu’un a-t-il réfléchi à l’impact de ces mesures « généreuses » (celles déjà votées et celles que nous craignons) sur leur rentabilité, sur l’emploi, et pour certaines, sur leur survie ?
François Momboisse
Président
Cette tribune a été publiée par le Journal du Net le 31 mars 2008
96,9%
des acheteurs sont satisfaits de leurs achats en ligne
Source :Baromètre Fevad/DirectPanel
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